Pour les instits: adapter facilement le quotidien des élèves dyslexiques en classe

Il y a depuis quelques semaines, et comme à chaque début d’année scolaire, une énorme demande de logopédie. Il y a également, et je suis tellement heureuse de le constaster, des instituteurs et institutrices terriblement investi.e.s . qui me contactent directement ou demandent aux parents une liste des aides qu’ils peuvent mettre en place dans la classe.

D’abord, un petit rappel hyper-condensé-à-la-grosse-louche. La dyslexie est similaire à un court-circuit dans l’identification automatisée des mots écrits. Elle est la conséquence d’un défaut de maturation de deux processus neuronaux bien distincts: le processus phonologique (qui permet d’identifier les sons du langage) et le processus visuel (qui permet d’identifier les lettres écrites) (Etude de Ducan Milne)

Il n’y a pas une seule dyslexie. Elle peut atteindre les capacités d’assemblage et/ou les capacités d’adressage.

Elle est souvent accompagnée:
– de difficultés dans l’espace,
– de difficultés visuo-attentionnelles
-de  problèmes d’organisation.

Y’en a un peu plus, je vous l’mets quand même ?

Des difficultés dans l’écriture et dans l’orthographe font aussi souvent partie du « pack ».

Ce couac dans l’identification automatisée force les personnes dyslexiques à passer par la voie d’assemblage (b + a = ba) , ce qui est évidemment normal en début de 1ère primaire, mais qui devient handicapant lorsqu’il s’agit de lire des sons complexes (o + n = “on” et pas “one”). Pas évident non plus lorsqu’il s’agit comprendre des phrases et des textes. Toute l’énergie disponible est utilisée pour déchiffrer le texte, au détriment du sens. Alors quand en plus, on ajoute une petite touche de difficultés dans l’attention visuelle, et un soupçon de troubles de l’organisation spatiale, on se retrouve avec des inversions de lettres, de syllabes, des oublis de lettres, des confusions visuelles (n/u, p/q/b/d, m/n), etc.
Généralement, il faut de plus, rester bien assis sur sa chaise, alors qu’on galère et qu’on a juste envie de s’aérer, boire un peu d’eau et reprendre ses esprits… Et en plus, il y aura des devoirs ce soir. Pas facile, la vie d’écolier !

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Des lettres dans le dos pour aider les débuts de la lecture

Si certains enfants sont déjà curieux des lettres et de leurs sons dés la 3ème maternelle, la grande majorité fera ses premiers pas dans la lecture en 1ère primaire.

Source de l’image en dessous: le super génial “Lire écrire compter” qui propose un pdf pour créer ses lettres mobiles soi-même (le lien est sur l’image)

Généralement, ça commence par les voyelles, des lignes de a, des lignes de i, entourer les a, entourer les dessins où on entend a, puis i, etc. etc.

C’est si facile de s’emmêler les pinceaux dans ces nouveaux apprentissages. Passer d’un signe à un son, associer ces signes et ces sons… Sans oublier qu’en même temps, on apprend à connaître ses copains, on apprend à vivre en groupe, on apprend à tenir assis dans une classe, on apprend les calculs…
Pour se mettre dans la peau d’un enfant de 1ère primaire, imaginez-vous apprendre le chinois, le japonais et le russe en même temps.

Voilà.
Ils ont fait ça pendant une bonne partie de la journée, à l’école. Ils sont fatigués. Et ils ont une ligne de a à faire le plus parfaitement possible, ou lire leurs premières syllabes. Et il est passé 16h. Voire bien plus tard. Et c’est difficile.

Voilà pourquoi on va ludifier tout ça; Petite activité du week-end, quand les devoirs sont loin derrière. Il est important de présenter tout ceci de façon informelle. Ce n’est pas du travail, c’est un jeu.

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Aider son enfant à mémoriser les mots d’une dictée

Au bout de quelques mois en 1ère primaire, certains enfants passent déjà par l’épreuve de la dictée. Et ça va les suivre pendant quelques années…

Le principe: retenir des mots par coeur, de façon globale, mais non sans les analyser. Des compétences mixtes (analytiques et globales) sont donc déjà requises.

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Jeu de calcul de 0 à 10

Cartes de jeu de calcul de 0 à 10 pour la première primaire ou le CP. En reprenant le principe du dé coloré qui a été fabriqué pour les ateliers de communication, j’ai pensé à préparer quelques cartes de problèmes, additions, soustractions et amis de 10.

Vous aurez donc besoin d’un dé à 4 couleurs (ici du vert, du jaune, du rouge et du bleu) pour utiliser ces cartes. Ça peut aussi fonctionner avec le principe du jeu de l’oie comme là (mais il faudra transformer le rose en rouge).
Le principe: on lance le dé coloré (ou on arrive sur une case colorée) et on pioche une carte de la couleur demandée. Cette carte représente une addition (4 cartes), une soustraction (4 cartes), un problème (4 cartes) ou une opération autour des amis de 10 (4 cartes). Les 16 cartes sont à télécharger gratuitement ci-dessous.
Pour aider l’enfant, j’ai ajouté un escalier de 10 et son fidèle playmobil. L’enfant fait monter et descendre les marches pour s’aider dans les calculs. J’ai imprimé le même escalier avec des marches à colorier, que l’enfant peut reprendre à la maison pour s’aider dans les devoirs et se représenter petit à petit les chiffres comme des quantités. L’escalier est en pdf dans le bas de l’article.
Il m’a semblé que gagner des autocollants était une sacrée motivation chez les enfants de 6 ans ^^ J’ai donc prévu des fiches de cotation. On colorie une pastille par carte réussie. Une fois la carte réussie, on la met de côté. Lorsque les 4 cartes d’une couleur ont été réussies, l’enfant gagne un autocollant. La fiche sera collée dans son cahier. J’ai également prévu des fiches de 2ème, 3ème et 4ème série. Lorsque la première série est maîtrisée, on monte d’un niveau de difficulté (les autres séries de 4X4 cartes seront à télécharger prochainement). La première série est à télécharger ci-dessous.

Le fameux dé

Les pdf à télécharger gratuitement:

fiche1-calcul-dé-10

escalier-a-colorier-0-10

fiche-cotation-autocollants

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Jeu de l’oie récapitulatif – Calcul

Jeu récapitulatif pour les procédés, les problèmes, les tables de multiplications et les longs calculs. Prévu pour fin 2ème, milieu 3ème primaire. Fin CE1, milieu CE2.
Ça fonctionne comme un jeu de l’oie avec des cartes à piocher en fonction de la couleur de la case (rose – j’aurais dû mettre en rouge-, jaune, vert et bleu), des cases pour passer son tour, pour rejouer, pour avancer…
les pdf sont en noir et blanc mais il est prévu de colorer l’arrière des cartes en jaune, rose, bleu et vert. J’ai juste passé les contours de l’arrière des cartes dans la couleur prévue parce que j’étais un peu prise par le temps mais idéalement, on découpe tout, on colle du sur papier de couleur, on redécoupe, on colle dans des pochettes de plastification, on fait tourner la machine, on re-re-re-découpe…

Les pdf sont à télécharger gratuitement ci-dessous.

plateau-de-jeu-règles

problèmes3P

procédés-3p

tablesmultiplication-10

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Ateliers de communication – Création de matériel

Une fois les grandes lignes trouvées, les idées mises sur papier, nous avons dû  fabriquer du matériel.
Pourquoi ne pas l’acheter?
Hum.
Parce que. C’est dans les gènes quand on est logopède. On manie les ciseaux, la colle et la plastifieuse avec grâce. “Avec amour et tendresse” comme disait l’un de mes profs.

En vrai, c’est parce que nos idées sont tellement précises que nous ne pourrions pas trouver de jeu qui corresponde pile-poil à ce que nous cherchons.

Mais il y a des quantités de jeux bien faits pour les âges qui nous intéressent ici (18 à 36 mois pour rappel)
Notre idée de cube est directement inspirée du jeu Roule et Joue de Thinkfun. Pour l’avoir manipulé, ce jeu est vraiment génial. Le principe est de lancer un gros cube coloré et de prendre une carte correspondant à la couleur de la face. Sur ces cartes, des petits gages, des questions, etc. Je me souviens d’un papy qui l’avait acheté et était revenu à la boutique me dire que ses petits enfants (même les plus grands) fonçaient sur le cube dés qu’ils arrivaient chez lui.

Nous l’avons adapté pour avoir des actions plus ciblées “logopédie”.

Nous pourrons encore l’adapter et créer des cartes colorées pour l’apprentissage du langage écrit par exemple (affaire à suivre ^^ )
Pour les calculs, l’adaptation est en cours, j’ai déjà mis en ligne quelques fiches prévues pour les calculs de 0 à 10.

Alors, côté pratique:

  • Un cube en tissu blanc, de 24 cm d’arête, rembourré pour ressembler à un cube (je ne suis pas douée en couture, je ne pensais pas que ça finirait par vraiment ressembler à un cube) : 6 faces carrées blanches de 26 cm de côté, cousues ensemble endroit contre endroit, on retourne le tout (voir le petit schéma de cube ouvert), on demande à une petite main de remplir de rembourrage et puis on coud l’ouverture à la main.
  • Une housse de cube aux faces colorées: 6 faces carrées de 27 cm de côté cousues ensemble (cousues sur l’endroit, puis retournées). La dernière face possède des volets et des velcros pour permettre de mettre le cube blanc dedans et refermer. On avait prévu un petit velcro au milieu mais le tissu tirait et on voyait l’intérieur. On a décousu et remis des volets plus grands et un velcro qui fait +- tout le côté; Pas évident d’expliquer où l’on place les velcros. le mieux est de se fabriquer un petit cube en papier et voir où les faces se referment entre-elles.

  • des images tirées de jeux que je possédais déjà; J’ai scanné et bidouillé dans Photoshop et dans Indesign pour avoir des images propres et toutes de la même taille. Une partie des images a été trouvée sur Internet. Les autres viennent de l’excellent Pantomime de chez Haba (Coté mimes, il y a aussi Pouet Pouet chez Djeco, même principe de mime mais plus complet car certaines cartes sont à mimer alors que d’autres demandent de faire le bruit, et d’autres encore permettent de mimer+faire le bruit, le fait d’avoir des cartes “bruits” permet d’utiliser le jeu en famille et de laisser participer les plus petits qui ne comprennent pas encore le principe du mime) et du fantastique Livre des bruits de Soledad Bravi (si vous croisez ce bouquin, achetez-le – le jeu du livre existe également)
    Il y a également des images représentant des superpositions de cubes (style mégablocs – ou duplos s’ils étaient un peu plus grands) que les enfants devront reproduire avec ou sans mémorisation. Ce sont des photos que j’ai faites moi-même. Nous jouerons sur la reproduction en tant que telle mais également sur le fait de trouver l’erreur dans des séries déjà existantes, trouver ce qui est à modifier, etc. Le tout en mettant l’accent sur l’utilisation des termes liés aux notions spatiales.
    D’autres cartes correspondent à des questions de compréhension lexicale et syntaxique. Exemples: “Qu’est ce qui est vert? La salade, le soleil ou un poussin?” “Je suis un animal … j’ai de grandes oreilles… je saute dans les champs… qui suis-je?” “Saute sur un pied plusieurs fois” “Touche le nez de ton voisin” etc.
  • Les images sont mises en page dans des cases (dans Indesign), les documents sont sauvés en pdf, photocopiés en couleurs. Il faut ensuite découper, coller sur des pages colorées, redécouper (pour avoir un petit bord, c’est plus joli), coller dans des pochettes de plastification, plastifier et re-re-découper (Merci Yulica, quel boulot!)

Et tadaaaaaaam:

  • Question matériel, nous comptons aussi utiliser des livres et nous faire un nid douillet dans les coussins pour entrecouper l’heure d’activités de moments calmes et passer quelques minutes à favoriser la respiration et la concentration des enfants grâce à des bouteilles de retour au calme.

Voici un tuto pour la bouteille de retour au calme, trouvé sur le blog de Melle Frisette, qui l’avait elle-même trouvé dans un Popi.

On a hâte!

Tous les jeux dont je parle ici sont faciles à trouver. Un petit saut chez Cotontige si vous êtes dans la région (Hainaut, Ath), vous pouvez dire que vous venez de ma part ^^ (et likez la page, hop!)
Sinon, dans les bonnes boutiques de jeux. Vous allez à la rencontre des conseillers, vous leur posez plein de questions… ne comptez pas sur moi pour mettre des liens vers les géants de la vente en ligne 😉

 

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Ateliers de communication – Structure et mise en place

Avoir des dizaines d’idées pour un atelier revient plus ou moins à n’en n’avoir aucune. Ce n’est pas du tout constructif et on tourne en rond.

Pour mettre de l’ordre dans tout ça, nous avons dû nous poser les bonnes questions.

Objectif: favoriser le langage oral
Population: enfants de 18 à 36 mois.
Méthode: … heuuu… brainstorming;

L’émergence du langage suppose quelques compétences:

  • Mémoire auditive
  • Sens du rythme
  • Imitation/répétition
  • Mobilité de la sphère oro-faciale
  • Compétences phonologiques
  • Connaissances lexicales
  • Compréhension syntaxique
    et il en manque.

Nous sommes parties de ces grandes lignes et avons réfléchi à des activités ludiques. Nous avons la chance de bénéficier d’une toute nouvelle salle de psychomotricité chez Les Petits Chaperons Bougent.
Il y aura donc une chasse au trésor dans un parcours psychomoteur, le trésor étant des cartes à trouver et nous ramener pour :

  • segmenter des mots,
  • reconnaître des silhouettes,
  • trier des éléments,
  • faire des grimaces
  • imiter des positions,
  • faire les bruits des objets et des animaux connus
  • répondre à des questions,
  • effectuer des consignes simples,

Les cartes de la chasse au trésor peuvent aussi être utilisées avec un gros dé aux faces colorées que nous avons construit de nos petites mains agiles.
Chaque face représente une couleur et invite à piocher une carte au dos correspondant.

Bientôt des détails sur la réalisation pratique du matériel. Et après le 18 février, un feed-back du premier atelier 🙂

 

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Une idée vieille de 15 ans – L’émergence du langage.

Une idée me trotte dans la tête depuis approximativement 15 ans. Peut-être même un peu plus.
Celle de favoriser l’émergence du langage. Travailler avec les tout-petits et leur apporter de façon harmonieuse  les prérequis du langage oral.

L’idée a fait son chemin depuis la fin de mes études, est passée par l’envie d’ouvrir une crèche, puis de travailler dans une crèche (malheureusement, ouvrir une crèche représente le parcours du combattant et demande un gros capital de départ, que je n’avais pas), puis s’est logée dans un coin de ma tête. Assez loin, bien cachée mais bien au chaud.

En 15 ans, il y a eu de la logopédie dans un cabinet privé, de la logopédie dans des écoles, de la logopédie dans un centre pour adultes autistes et puis plus de logopédie du tout. Une santé un peu bancale à l’époque, un ras-le-bol, plus jamais ça, foutez-moi la paix, laissez-moi m’occuper de mon fils.
Des formations de graphisme, de la photo, faire les logos de sociétés naissantes, les aider dans leur communication, créer leurs plaquettes, leurs cartes de visite. De la logopédie, non. Mais de la communication, oui.

Après quelques années de graphisme, il y a eu 3 ans de travail chez Cotontige, à Ath, une boutique de jeux et notamment de jeux éducatifs. C’est ce qui m’a “remis un pied dedans”. J’y ai côtoyé des gens qui aiment les jeux, des institutrices, des parents qui se demandent comment aider leurs enfants sans les assommer de devoirs, et des logopèdes. Et je me suis rendue compte que rien n’avait disparu. Qu’en expliquant les jeux, j’étais toujours la logopède qui se penche sur le problème d’un enfant et tente d’y trouver des solutions. Et comme j’aimais ça!

Et lorsque l’on va là où le coeur nous mène, on ne fait que de belles rencontres. C’est de cette façon que je suis arrivée chez Les Petits Chaperons Bougent, (merci Véronique 🙂 ) que je m’y suis sentie comme un poisson dans l’eau, et que l’idée vieille de 15 ans est revenue à la surface.

Et donc, après avoir pensé annuler plus ou moins 50 fois (oui je me mets la pression) je me suis engagée à faire un atelier de communication pour les tout-petits. J’ai mis des dates, j’ai fait une affiche, j’ai fait genre que je n’avais pas encore fait l’affiche, j’ai reculé la date (couillonne), et finalement le hasard a voulu qu’on me propose de travailler avec une étudiante pendant quelques mois. Et qu’elle a besoin d’heures. Et que “J’ai prévu des ateliers le samedi, elle peut participer, ça lui fera de l’expérience et des heures”
Paf. Impossible donc de faire demi-tour. Bravo Soph.

Nous sommes à une semaine du premier atelier. Nous avons élaboré les grandes lignes, la structure, puis les détails et nous fabriquons du matériel…. (à suivre, évidemment)

 

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